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Roselyne m’a écrit (piqûre or not piqûre?) Ça y est, je l’ai reçu, ce fameux bon de vaccination contre la grippe H1N1. Je fais donc partie des personnes « fragiles », puisque handicapé. Comme les enfants, les femmes enceintes et les vieux ; punaise, ça fait drôle : me voici donc dans la catégorie des fragiles (encore). Mais bon, on peut comprendre les priorités sanitaires ; il est des questions, avec ce bon, que l’on se pose; les vaccins par exemple : pas moins de 5 « marques » différentes, et aucune information quant à leur provenance ou la nature des adjuvants n’est disponible pour le patient. C’est au médecin traitant d’informer son patient. Mais alors, pourquoi avoir écarté les médecins de ville de la vaccination si le patient doit consulter pour plus d’information ? Revirement de situation et panique à bord ces derniers jours, après la récente prise d’assaut des centres de vaccination par les Français : on demande alors aux médecins et même aux étudiants en médecine de prêter main-forte. Bientôt, l’armée, les pompiers et les bonnes sœurs viendront nous planter l’aiguille. (De toute façon, dans certains cas, mieux vaut consulter avant de se faire piquer - chez les personnes dont le handicap a engendré des problèmes respiratoires, par exemple-). Il faut bien l’avouer, cette histoire de pandémie grippale fait douter du comportement à tenir : piqûre or not piqûre ? Et les tergiversations gouvernementales n’ont rien fait pour nous faciliter la prise de décision. Pour rappel, on a eu droit à un syndrome de Guillain Barré, à des allergies et des réactions aux vaccins proposés. Cependant, les spécialistes partagent le même avis sur la non-dangerosité du vaccin. Admettons… Là où rien ne va plus, c’est sur la manière de communiquer autour de cette pandémie. Pour le professeur Debré (dans France-Soir du 26/11/09) : « Je suis opposé à une vaccination massive de la population, mais il est bien évidemment très important de vacciner certaines catégories de personnes. Pour des raisons de promiscuité, les écoliers, les collégiens et les lycéens doivent se faire vacciner. Les malades dont les défenses immunitaires sont au plus bas doivent aussi aller se faire vacciner. En revanche, les personnes âgées qui ont déjà rencontré le virus dans les années 1950 ou celles qui sont déjà atteintes pas la grippe A (H1N1) n’ont pas besoin d’aller se faire vacciner. La vaccination oui, mais de façon raisonnable. » Côté organisation de cette vaccination massive, les services de santé ont donné une image peu professionnelle, passant de mettre à la poubelle des doses non utilisées à être complètement débordés quelques jours suivants. On peut même se faire vacciner sans bon dans bien des centres. À la chaîne, on vous dit… tout cela ressemble à tout, sauf à une opération contrôlée et maîtrisée. Notre ministre Bachelot n’aurait-elle pas transformé un spectre grippal en enjeu politique ? Nos 94 millions de doses achetées (10% du stock mondial) sont-elles justifiées quand, à ce jour, moins de 3 millions de Français sont vaccinés et que le virus disparaîtra très probablement dans 3 mois ? Et déjà voilà que le virus mute (2 morts le 27 novembre), mais on nous assure que le vaccin est toujours efficace. Ce que l’on sait maintenant, c’est que la grippe A H1N1 est terminée dans l’hémisphère sud et qu’elle a fait beaucoup moins de mort que la grippe saisonnière… à méditer donc. Alors, Piqûre or not piqûre ? Certains sont fragilisés et doivent se faire vacciner – au même titre que la grippe saisonnière -. Mais on est en droit de se poser des questions sur le sujet, si on ne fait pas partie de la population à risque, tant sa dramatisation atteint un paroxysme. Pierre Bardina
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